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Philippe Henry, Un nouveau référentiel pour la culture ? Pour une économie coopérative de la diversité culturelle

Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2014

Céline Fèvres-Limonet, juillet 2014

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Résumé :

Un nouveau référentiel pour la culture ? Pour une économie coopérative de la diversité culturelle est un ouvrage marquant et incontournable dans le champ des politiques culturelles, de la sociologie et de l’économie de la culture. Il contribue à une mise en perspective théorisée des rapports entre l’art, la culture et la société et révèle les tensions d’un référentiel de pratiques artistiques resituées dans l’environnement culturel d’aujourd’hui. Philippe Henry restitue dans cet ouvrage les résultats de toute une carrière de recherche dans le champ de la sociologie économique de l’art et de la culture. Maître de conférences en études théâtrales à l’université Paris 8 jusqu’en 2011, il a consacré ses travaux aux logiques économiques et sociales des arts de la scène. Il a contribué, à travers ses recherches à réunir des approches disjointes du spectacle vivant pour des raisons idéologiques et historiques : les dimensions esthétiques et artistiques d’une part, les dimensions organisationnelles et socio-économiques d’autre part. Son parcours de chercheur est marqué par de multiples collaborations avec des acteurs culturels, artistiques et politiques réunis autour d’un projet de transformation de l’action culturelle par l’expérimentation d’autres rapports entre populations, arts et territoires.

Dans cet ouvrage, nous pouvons retrouver plusieurs des pistes qu’il avait contribué à dégager, au sein de l’Union fédérale d’intervention des structures culturelles (Ufisc) dans le Manifeste pour une autre économie de l’art et de la culture1. Dès lors, il explorait notamment la dimension sociale et solidaire des arts vivants2. Ainsi la thèse développée dans cet ouvrage est que les changements économiques et sociaux de la société française s’accompagnent de bouleversements culturels qui transforment profondément les modes de production et d’échange des ressources symboliques. Pour l’auteur, se trouve questionnée la conception dominante de la démocratisation culturelle, héritée du XXe siècle, c’est-à-dire celle des pratiques culturelles émancipatrices comme « appropriation sensible et réflexive d’œuvres [artistiques] inédites ou reconnues ».