Pôle de Socio-Economie Solidaire





   
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Economie Sociale et solidaire: développement, mobilité et relocalisation

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Solidarity Economy: Building Alternatives for People and Planet
Par Julie Matthaei, Jenna Allard & Carl Davidson
avril 2008


Forum Asiatique pour une Economie Solidaire
Manille (Philippines)
17-20 octobre 2007

L'économie sociale et solidaire au Forum social européen de Londres

Laurent Fraisse

[lire le début]

Au-delà d’un accord commun pour critiquer une conception néo-libérale qui veut laisser croire que l’économie est une sphère autonome du politique qui serait étrangère aux principes démocratiques (droit de vote, débat public et argumenté), Eve Durquety (UR SCOP IDF) et John Goodman (Cooperative UK) ont rappelé qu’historiquement le mouvement coopératif étaient issu, comme le mouvement syndical, du mouvement ouvrier. A partir de la fin du XIXème, les chemins des deux familles se sont plus ou moins éloignés. Comme l’a rappelé Christophe Aguitton, progressivement l’Etat-nation est devenu au XXème siècle le cadre de régulation ou de dépassement du capitalisme selon que l’on soit réformiste ou révolutionnaire.

Malgré un internationalisme affiché, c’est bien au sein de l’espace national que les luttes sociales s’organisent et voient des débouchés à leurs revendications. Or, la mondialisation néo-libérale oblige les entreprises d’économie sociale et les initiatives solidaires, les syndicats et les ONG à repositionner leur action à l’échelle européenne et globale. D’un côté, les coopératives sous la pression de la concurrence des entreprises de capitaux risquent de se banaliser si elles oublient la dimension politique de leur action. Les réussites micro-économiques et la démocratie dans l’organisation restent fragiles sans changements des régulations économiques. A l’inverse, syndicats et mouvements sociaux risquent de s’enfermer dans une position purement protestataire si elles n’intègrent pas dans leur programme les alternatives économiques existantes qui proposent d’autres manières de produire, de consommer et d’épargner. La construction d’un monde plus juste et solidaire ne passe pas seulement par des actions de résistance face aux méfaits de la mondialisation mais aussi à des changements dans ses actes économiques quotidiens en tant que travailleur, consommateur ou épargnant. Bref comme l’a dit Alberto Zoratti (Roba dell’ altromondo), il s’agit de proposer une utopie concrète permettant aux gens d’agir ici et maintenant.

Sur ce point, les activités d’économie solidaire et du commerce équitable présentent l’intérêt d’articuler activité commerciale (vente de produit équitable), démarche d’éducation populaire et actions politiques comme la campagne de l’éthique sur l’étiquette pour Artisans du Monde (France) ou celle contre l’OMC pour Roba dell’ altromondo (Italie). Les convergences sont certaines entre les initiatives qui cherchent à relocaliser sur les territoires certaines activités productives en construisant des circuits courts de distribution avec les revendications du mouvement écologiste. Sur ce sujet, Eve Mitchell (Friends of the Earth UK) a dénoncé l’insoutenabilité écologique du modèle de développement des échanges internationaux qui trop souvent fragilise les savoir faire et les revenus des petits paysans du Sud.

Les points de débats restent nombreux. Face aux risques de substitution des entreprises sociales aux services publics, notamment au Royaume-Uni, Jean-Michel Joubier (CGT) interpelle l’économie sociale et solidaire dont la position apparaît ambivalente sur le sujet. De même, le respect des droits sociaux et des conditions de travail des salariés de l’économie sociale et solidaire ne correspond pas toujours aux valeurs affichées. D’autres participants s’interrogent sur la faiblesse des réseaux de distribution des produits du commerce équitable et du potentiel de renouvellement des coopératives de consommation dans les pays comme le Royaume-Uni où elles existent encore. A l’inverse, les syndicats ne peuvent plus se contenter d’entériner la division entre l’économique et le social et de refuser de se positionner sur les questions entrepreneuriale et de gestion. Dans un contexte de globalisation où la responsabilité sociale des entreprises se trouve posée, les alliances syndicats, ONG de solidarité internationale ou écologiste sont à tisser.

Laurent Fraisse
http://www.socioeco.org/fr/contact.php#LaurentFraisse

[lire le début]

   

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