Évaluer l’économie sociale et solidaire : socioéconomie des conventions d’évaluation de l’ESS et du marché de l’évaluation d’impact social

Economies et finances. Université de Lille, 2021

Marion Studer, 2021

Para bajar : PDF (6,8 MiB)

Resumen :

L’évaluation de l’impact social s’impose dans l’économie sociale et solidaire (ESS) depuis le début des années 2010. Dans ce contexte se multiplient les publications et initiatives ayant pour objet de fournir des guides et méthodes « clé en main » d’évaluation de l’impact social. Dans ces guides, la technicité des méthodes d’évaluation écarte les débats sur l’origine de la notion et sur le contexte sociopolitique expliquant la place prééminente qu’elle prend depuis les années 2010. L’évaluation d’impact social y devient une pratique réifiée sans laquelle une organisation ne peut se reconnaitre d’utilité sociale et plus largement ne peut se proclamer de l’ESS. La présente thèse opère un pas de côté en posant le principe selon lequel l’évaluation d’impact social ne va pas de soi et s’inscrit dans un contexte sociopolitique et un ensemble d’institutions et de représentations de l’évaluation. Plus précisément, cette thèse s’affilie au cadre de l’économie des conventions. À partir d’une approche abductive combinant une revue de la littérature pluridisciplinaire et la réalisation de deux études de cas, l’une auprès d’acteurs a priori externes à l’ESS (cabinets de conseil à l’évaluation, centres de recherche d’école de commerce, agences d’ingénierie) et l’autre au sein d’un projet regroupant des têtes de réseaux et fédérations représentatives de l’ESS, cette thèse identifie deux conventions d’évaluation idéales typiques. Nommées « convention managériale » et « convention délibérative », ces conventions trouvent leur origine dans les transformations socioéconomiques à l’œuvre dans l’ESS depuis les années 1980. Leurs différentes articulations donnent naissance à une multitude de montages composites. Ces montages correspondent à autant de déclinaisons possibles de l’évaluation au sein du marché de l’évaluation d’impact social. Porté par un écosystème d’acteurs externes et représentatifs de l’ESS, la thèse identifie au sein de ce marché un ensemble d’institutions, de réseaux sociaux, de dispositifs matériels ou encore de significations culturelles permettant aussi bien de diffuser les offres et demandes d’évaluation, de favoriser le développement de partenariats au sein du marché, d’authentifier et de qualifier les prestations d’évaluation, que de participer à la création d’une culture de l’évaluation. En cela, la thèse donne à voir différents équipements qui appuient la structuration du marché tout en catalysant son expansion au sein de l’ESS.

Fuentes :

theses.hal.science/tel-03526491v1