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Interconnaissance et stabilité comme sources d’efficacité et d’autonomie des coopératives

Xe Rencontres du RIUESS - Luxembourg - 2 au 4 juin 2010

Marius Chevallier, June 2010

RIUESS 2010 - Xèmes Rencontres internationales du Réseau Inter-Universitaire de l’Économie Sociale et Solidaire - Luxembourg - 2 au 4 juin 2010

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Alors que les coopératives ont été étroitement associées aux mouvements politiques et sociaux au 19ème siècle et dans les premières décennies du 20ème siècle, elles sont essentiellement traitées sous l’angle de la banalisation depuis les années 1970. Les espoirs d’horizons qui chantent se sont déplacés vers une nouvelle économie sociale voire une économie solidaire, les coopératives historiques ayant tout au plus un rôle de soutien à des initiatives susceptibles de raviver leurs idéaux originels. Le diagnostic de banalisation des coopératives s’appuie essentiellement sur l’idée que les coopératives sont caractérisées par la démocratie et par l’innovation sociale. En critiquant cette manière de caractériser les coopératives, on peut montrer que le diagnostic de banalisation, qui renforce le désintérêt porté aux coopératives, est plus la conséquence du mauvais choix des lunettes que de l’évolution de l’objet lui-même.

Nous étudions ici en quoi les coopératives sont statutairement définies par la négative. En rejetant le principe de l’affectation du pouvoir aux actionnaires majoritaires, les coopératives rejettent à la fois la domination du capital, mais aussi, plus généralement, le principe même d’imposer une règle de l’extérieur, puisque le principe un homme=une voix interdit de régler la question du pouvoir a priori. Dans un premier temps nous montrons par quels canaux la coopérative fait obstacle à l’emprise de certaines caractéristiques de la raison économique, ce que nous appelons définition par la négative. Dans un second temps nous montrons que cet espace normatif est comblé par des normes locales, de sorte que ce qui caractérise ces entreprises c’est leur plasticité aux normes particulières, plutôt que leur capacité à définir une norme universelle. On montre alors qu’il s’ensuit que ce qui se construit dans une coopérative peut prendre des directions très différentes en fonction des spécificités historiques et culturelles locales.