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Les nouveaux indicateurs de richesse dans la gouvernance européenne

WORKING PAPERS N°17/2015. IDDRI, 2015. 16 P.

Damien Demailly, Lucas Chancel, Lucien Lewertoski-Blanche, Laura Brimont, 2015

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Summary :

Les nouveaux indicateurs de richesse ont fait leur apparition dans les politiques européennes. Quel est leur rôle dans la gouvernance de l’Union ? Et quels enjeux leurs différents usages suscitent-ils ? Cette analyse repose sur un travail bibliographique et plusieurs entretiens réalisés avec les différents acteurs impliqués dans l’initiative Beyond GDP (« Au-delà du PIB »).

Points clés :

L’UNION EUROPÉENNE S’EMPARE DU DÉBAT SUR LES NOUVEAUX INDICATEURS DE RICHESSE

Depuis le début des années 2000, le débat sur les nouveaux indicateurs de richesse s’est progressivement institutionnalisé. L’Union européenne s’inscrit dans cette dynamique : les politiques européennes, sectorielles mais aussi générales, utilisent aujourd’hui un grand nombre d’indicateurs environnementaux et sociaux. La Commission européenne a en outre lancé en 2007 une initiative baptisée « Au-delà du PIB » visant à développer de nouveaux indicateurs de richesse destinés à améliorer la gouvernance européenne, tant en matière de politiques portées par l’Union qu’au niveau des politiques des États membres.

HARMONISATION COMPTABLE ET MISE EN COHÉRENCE DES INDICATEURS

L’une des principales avancées de cette initiative a été d’initier un processus d’harmonisation des comptes nationaux environnementaux entre les États membres. Toutefois, elle n’a pas suscité de réflexion sur la mise en cohérence des indicateurs utilisés par les différentes stratégies européennes, ni sur l’articulation entre les indicateurs développés au niveau national/européen/international. Une harmonisation absolue entre les différentes échelles est illusoire, voire contre-productive, car elle masquerait les différences entre les visions politiques qui sous-tendent les ambitions de chaque pays en matière de développement durable. Néanmoins, l’Union européenne aurait intérêt à initier une discussion sur l’articulation entre ses indicateurs et ceux choisis par les États membres, et ce afin de garantir un certain degré de comparaison entre les pays.

DE NOUVEAUX INDICATEURS SANS RÉELLE PORTÉE POLITIQUE ET SYMBOLIQUE

Malgré les ambitions de l’initiative « Au-delà du PIB », l’Union européenne n’est pas parvenue à se doter d’un nouvel indicateur de richesse capable de compléter le PIB. Cet objectif était évidemment dépendant d’une capacité, aujourd’hui inexistante, à formuler une vision européenne commune sur ce « qui compte vraiment » en matière de développement durable. De plus, le référentiel cognitif des institutions européennes reste centré sur des indicateurs économiques et financiers, comme le montrent les mécanismes de coordination budgétaire et fiscale mis en oeuvre après la crise financière de 2008. La conversion de l’Union européenne aux nouveaux indicateurs de richesse est donc loin d’être achevée, mais elle est indéniablement engagée.