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Le waqf, peut-il constituer un levier du développement des structures de l’économie sociale et solidaire au Maroc ?

XVIe Rencontres Inter-univiversitaires de l’Economie Sociale et Solidaire - RIUESS - Montpellier, 25.27 mai 2016

Ali Karzazi, May 2016

RIUESS 2016 - XVIe Rencontres du réseau Inter-Universitaire de l’Economie Sociale et Solidaire - Montpellier - 25/27 mai 2016

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Au Maroc, la solidarité et l’entraide constituent les assises solides des relations entre les individus, en particulier en milieu rural, et se concrétisent dans des opérations comme la « Touiza » ou dans la gestion des actifs ou biens habous et d’opérations liées à leurs revenus, « La jmaà » (l’assemblée des villageois) à l’intérieur de laquelle « il suffisait, pour vivre heureux d’avoir le respect du voisin et de se conformer à quelques-unes de ces règles de politesse». Au sein de cette institution tribale, «Le maintien du lien social était considéré comme prioritaire par rapport à la production de richesses. L’économie était encastrée dans les relations sociales. ».Le waqf constitue une institution centrale dans l’évolution de la société musulmane. Il a contribué au développement de tous les domaines de la vie religieuse, économique, sociale et même politique sachant qu’il est vrai que l’amélioration de la qualité des services publics est un élément central dans la lutte contre la pauvreté. Mais, il est resté jusqu’à une date très récente cantonné, par la plupart des chercheurs spécialistes de la société musulmane, dans une approche sommaire, simpliste, réductrice qui voile le rôle économique de cette institution originale et spécifique.Dans cet article, nous proposons une analyse des différents domaines d’intervention du waqf, les spécificités de cette institution sociale et économique pour proposer ensuite le redéploiement de ses pratiques alternatives dans le financement des activités modernes qui constituent une condition sine qua none du développement durable où « la myopie des politiciens vis-à-vis du développement durable est source de grandes inquiétudes », d’une part ; 8et par la reprise des pratiques de solidarité ancrées dans la société marocaine d’autre part. Cette proposition de réemploi est une perspective non seulement locale, mais aussi internationale exigée par l’urgence de l’unification et le besoin de faire face aux effets de la mondialisation, tout en essayant de mettre en exergue les différents liens qui peuvent exister entre le waqf et les structures de l’économie sociale et solidaire.