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Quelle place pour les expérimentations collectives culturelles, reflet des valeurs de l’ESS, dans l’économie actuelle ?

Mémoire Master 2 Conduite de Projets Solidaires Locaux et Internationaux Université Blaise Pascal - Clermont Ferrand, France

Laure GARDARIN, 2015

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Résumé :

Si l’ESS s’applique à des domaines très variés, c’est qu’elle représente une réponse à des problèmes communs à plusieurs secteurs d’activité. Ce document s’intéressera plus particulièrement au domaine de la Culture et du Spectacle Vivant. Selon une étude menée en 2014 par le Ministère de la Culture et de la Communication sur les Nouvelles pratiques de mutualisation ou de coopération dans le secteur culturel, certains acteurs culturels considèrent que le « recours aux principes d’entraide, de démocratie et d’absence de but lucratif représente une opportunité de concevoir des modalités de travail et des logiques de coordination économiques et sociales qu’ils espèrent plus justes et plus solidaires ». Les acteurs en question étudient les formes innovantes d’organisation collective à l’œuvre dans le domaine de l’Économie Sociale et Solidaire. Toujours selon cette étude, il ne s’agit pas « de rejoindre une bannière » mais bien de trouver dans les pratiques de l’entrepreneuriat collectif de l’ESS « une posture, une éthique de la responsabilité, des modes de gouvernance et d’organisation » contribuant à donner du sens à leur projet et à éviter de réduire les activités artistiques et culturelles aux seuls enjeux de compétitivité et de croissance économique.

Lorsque l’on parle de comportement coopératif, la nature de l’action peut être questionnée. Le comportement est-il « choisi » ou est-il « imposé » par un contexte économique et/ou social désavantageux ? L’étude sur les Nouvelles pratiques de mutualisation ou de coopération dans le secteur culturel, fait apparaître que « les organisations n’ont parfois guère d’autres choix que d’inventer des solutions collectives car elles doivent être en mesure de s’adapter aux nouvelles contraintes ». C’est donc une approche plutôt pragmatique qui prédomine. Travailler ensemble, renforcer les solidarités, rompre l’isolement apparaissent comme des démarches indispensables pour agir sur les réalités socio-économiques et répondre aux besoins. Une fois admis que le regroupement au sein de structure respectant les principes de l’Économie Solidaire est une des réponses à la nécessité de faire évoluer les modalités de travail, l’étude montre également qu’il est ensuite possible de parler « d’interdépendance positive ». Les organisations prennent conscience de l’intérêt collectif ou même général d’un mode de fonctionnement différent, « je suis plus fort si mon environnement est plus fort ».