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Redéfinir l’économie à partir du territoire

Dossiers :

Répondre aux besoins essentiels dans la proximité

Le territoire n’a pas la même signification selon les cultures et les langues. D’abord et avant tout, il est la base géographique de l’existence sociale. C’est une œuvre humaine qui associe les préoccupations les plus matérielles aux relations les plus essentielles. C’est là que chaque société résout ses problèmes, satisfait ses besoins, assouvit ses rêves, en suscitant constamment des mécanismes et des régulations capables d’assurer des fonctionnements collectifs . La situation témoigne encore aujourd’hui de la fonction – vitale – de la proximité, bien que la production et les échanges soient mondialisés. La globalisation économique s’impose jusque dans les petites cellules de vie, personnelles et sociales. Les localisations territoriales sont spécialisées et appréciées comme une variable d’ajustement dans une approche économique qui les met en concurrence. La gestion de l’alimentation, du travail, des ressources naturelles, de la sécurité et même le vivre ensemble sont inscrits dans des relations d’interdépendance. Le pouvoir d’action des habitants, les conditions d’intervention des collectivités locales dans la gestion des ressources sont considérablement modifiés.

Organiser et gérer les solidarités sur une base territoriale

Le territoire délimite une étendue de terre sur laquelle s’exerce une autorité dans une géographie des pouvoirs. C’est une maille à gérer inscrite dans une dialogie de l’englobé et de l’englobant. Un modèle de gouvernance étatique s’est imposé au monde. La séparation des pouvoirs a favorisé la promotion d’un état de droit. Mais la barre a été tordue à l’excès, au détriment de la diversité des histoires, des situations et des atouts des cultures locales. Un mouvement inverse de décentralisation s’amorce dans les années 1980 pour corriger les excès de l’économie-monde. Lorsque le profit n’est plus là, elle s’en va, laissant des terres et des usines en friches. Les dégâts se multiplient, mais la décentralisation reste découplée de la remise en question de la croissance économique. Des compétences de gestion sont déléguées à des élus locaux et régionaux qui ne sont pas toujours préparés à les exercer et les moyens dont ils disposent sont rarement déconcentrés en conséquence. Organisations internationales et agences de l’ONU soutiennent l’approche décentralisée comme un instrument adapté aux pays, régions ou populations défavorisés, notamment dans la préparation des objectifs du Millénaire. Ceci complique à l’infini l’intégration, en partant du bas, de toutes les données des problèmes à résoudre.

Gouvernance territoriale démocratique (du social, de l’économique et de l’écologique à multiple niveaux)

« - entre toutes ces composantes et des ensembles plus vastes (macro) ou plus petits (micro), car dans le monde d’aujourd’hui, les interdépendances se sont multipliées. La résolution de problèmes les plus concrets doit tenir compte : - des contraintes et des atouts d’une production et d’une distribution des biens et des services mondialisées ; - des insuffisances actuelles de la gouvernance internationale pour gérer, de façon équitable et efficace, les ressources naturelles et culturelles et des nouvelles articulations et formes d’organisation (institutionnelles, économiques, sociales mais aussi transversales, financières, fiscales, techniques etc.) que la gouvernance territoriale doit créer ».

Dimensions globales d’une gouvernance territoriale aux multiples niveaux.

Comment mettre en place des régulations respectueuses d’une éthique dans un monde aux interactions enchevêtrées ? « Entre le capitalisme privé et le capitalisme public, il n’y a pas de place pour une participation substantielle des personnes. Depuis 1945, la partie se joue à deux : Etat et Marché. Quand ça marche le public renvoie au privé et quand ça ne marche plus c’est l’inverse. Si ces acteurs flanchent, le troisième acteur, le tiers secteur, peut se saisir de la balle, mais il n’a pas été formé à ça ! Il faut apprendre aux gens à se gouverner. L’autre rôle d’un gouvernement est d’assurer la sécurité des biens publics (personnes, monnaie, redistribution de la richesse). Le plaidoyer du tiers secteur ne consiste pas à revendiquer cette place, mais à demander à l’acteur public de remplir son rôle : la bonne répartition et l’apprentissage pour que la société civile devienne le joueur principal » .

Le rôle des territoires dans la transition économique

Depuis la fin du 20ième siècle, face à la mondialisation et de l’homogénéisation par le marché, avec ses conséquences sociales et environnementales, les institutions mettent en avant la notion de développement local durable. Le territoire, base géographique de l’existence sociale, pourrait revêtir dès lors à nouveau toute son importance.