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La micro finance en Guinée : articulations entre finance formelle et informelle et lutte contre la pauvreté au Fouta Djalon

Thèse Université Toulouse le Mirail - Toulouse II (02/03/2012), Catherine Baron;Alain Bonnassieux (Dir.)

Alpha Amadou Bah, mars 2012

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Résumé :

Cette recherche qui porte sur la micro finance a comme zone d’étude la Moyenne Guinée ou Fouta Djallon, une des quatre régions naturelles de la Guinée. L’objectif principal est d’analyser la façon dont la micro finance contribue à articuler la finance formelle (banques) et la finance informelle (tontines, banques villageoises, etc.) pour fournir des services financiers durables en milieu rural et d’étudier son incidence sur la lutte contre la pauvreté. Tant au plan régional (Afrique de l’Ouest) qu’au plan national guinéen, nous avons souligné que les différents secteurs financiers fonctionnent dans un contexte de cloisonnement relativement souple. Le secteur de la micro finance, le dernier né des secteurs financiers, constitue aujourd’hui une alternative forte dans la collecte de l’épargne et le financement des activités locales à travers des mécanismes novateurs établis essentiellement sur la base de la proximité avec les populations locales. Pourtant, nous montrons comment deux visions de la micro finance continuent à s’affronter : l’une sociale, fondée sur le bon vouloir des donateurs, donc fortement dépendante des bailleurs de fonds; l’autre, commerciale, institutionnelle, fondée sur la volonté de construire une véritable autonomie fonctionnelle de l’IMF, à la fois aux plans, technique, financier et humain. Par ailleurs, nous avons montré comment le débat sur le lien entre micro finance et pauvreté n’est pas encore tranché, tant les impacts sur le terrain interpellent les chercheurs et les bailleurs de fonds sur l’efficacité de la micro finance comme outil de réduction effective de la pauvreté. La question demeure de voir comment la micro finance peut être un élément de décloisonnement à travers une articulation entre finance formelle et finance informelle. Pour répondre à cette question, nous avons identifié deux arguments qui constituent les deux parties de la thèse. La première partie expose la diversité des modes de financement en Afrique de l’Ouest, fait le lien entre micro finance et pauvreté, en reprenant les débats théoriques qui continuent à s’affronter sur cette question et présente la problématique de l’articulation entre services financiers comme solution de décloisonnement et d’amélioration de la fourniture des dits services. La deuxième partie montre des exemples empiriques d’articulation entre banque, micro finance et finance informelle à travers les pratiques des usagers et formule quelques préoccupations sur le devenir de cette activité dans la région.