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Innovation sociale, nouvelle gestion publique et isomorphisme ; le confinement de l’économie sociale et solidaire

XIIe Rencontres du Réseau Inter-Universitaire de l’Economie Sociale et Solidaire - Nancy - 6-8 juin 2012

Abilio Machado, 2012

RIUESS 2012 - XIIe Rencontres du Réseau Inter-Universitaire de l’Economie Sociale et Solidaire - Nancy - 6-8 juin 2012

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Resumen :

La Commission Européenne soutient le développement de ces partenariats plurisectoriels au niveau local au moyen de cofinancements via des programmes tels que « Progress ». Elle considère que des coopérations entre les secteurs de l’économie sociale et solidaire, de l’économie privée et des pouvoirs publics favorisent l’émergence d’innovations sociales. Il est intéressant de noter que, pour la Commission, l’innovation sociale renvoie à un mal-être croissant de l’individu et de communautés d’individus comme conséquence de la crise. L’innovation consisterait donc à élaborer des politiques publiques et de l’activité sociale et économique qui contribuent à rétablir le bien-être des individus.

Elle ne semble donc pas concerner des questionnements davantage holistiques qui relèvent de la responsabilité sociétale de l’économie publique et du secteur capitaliste. Cette politique découle directement de la résolution sur l’économie sociale du Parlement Européen et sur la nouvelle stratégie Europe 2020.

Au Luxembourg, l’économie solidaire est soumise à une tension importante entre sa portée sociétale comme mouvement de transformation sociale et économique et une vision purement sociale selon laquelle on voudrait la cantonner à un rôle de garde-fou face aux déséquilibres du système en place.

Cette tension ne s’est pas desserrée depuis plus de deux décennies. Quelques soient les sujets que les organisations d’économie solidaire se sont appropriés, comme l’insertion, le développement territorial, la citoyenneté voire la recherche, les relations avec les pouvoirs publics et les organes représentatifs des secteurs en place (p.ex. le commerce ou les syndicats) ont presque toujours conduit à la marginalisation de l’économie solidaire, notamment sous le prétexte de normes diverses qu’elles ne rempliraient pas, telles que la légitimité d’action, l’absence de portée politique et le manque de professionnalisme.