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Les femmes dans l’ESS : les raisons d’une surreprésentation

Hervé Defalvard, 2014

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Résumé :

Note sur l’étude de J. Lafranchi et M. Narcy (2013), « Female Overrepresantation in Public and Nonprofit Sector Jobbs : Evidence From a French National Survey », dans Nonprofit and Voluntary Sector Quaterly, XX, p. 1-28, 2013.

Dans ses chiffres clés 2013, l’observatoire national de l’ESS / CNCRES rappelle que plus de 67% des femmes travaillent dans l’ESS, soit une femme sur sept, alors que cette part est de 60% dans le public pour tomber à 40% dans le privé hors ESS. Nous savons également que ce chiffre global, indiquant une surreprésentation des femmes dans l’ESS, dissimule des réalités plus diverses. Ainsi, le premier Atlas de l’économie sociale et solidaire indiquait pour 2006 une part de l’emploi féminin de 55,9% dans les coopératives qui passait à 72% dans les mutuelles avec, pour ce dernier secteur, une part d’emploi cadre féminin de 11,2% contre 38,1% pour l’emploi cadre masculin. Sans multiplier les pourcentages, indiquons une dernière réalité, celle de l’emploi féminin dans le secteur de l’action sociale. Dans ce secteur qui, selon l’Atlas commenté de l’ESS, représentait 38% des emplois de l’ESS en 2008, l’emploi féminin dans le privé hors ESS atteignait 86,7% contre « seulement » 74,8% dans l’ESS. Autrement dit, la part élevée que représente l’emploi féminin dans l’ESS n’est-il pas le reflet de la part prépondérante qu’y occupent certains secteurs, tels l’éducation, l’action sociale ou les services à la personne, au sein desquels la construction sociale de l’emploi a tendance à le réserver aux femmes ? A contrario, dans quelle mesure la part élevée de l’emploi féminin dans l’ESS indique-t-elle un choix de la part des femmes et selon quelles motivations ?