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Mouvement des femmes, économie sociale et solidaire et développement local en Amérique latine

Chaire de recherche du Canada en développement des collectivités (CRDC) Série Comparaisons internationales N° 8

Manon Boulianne, Elsa Beaulieu, avril 2004

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Résumé :

Dans le contexte de la globalisation, on observe une présence accrue en Amérique latine de programmes ciblés de développement financés directement ou indirectement par des organisations internationales et dans lesquels on favorise la prise en charge du développement par les pauvres que l’on exhorte à « participer » (Boulianne, 2002). Parallèlement, au cours de la dernière décennie, le champ du politique semble parfois avoir été quelque peu délaissé par les mouvements sociaux latino-américains au profit de préoccupations et de projets plus strictement économiques. Bien entendu, investir le champ économique peut constituer une manière de remettre en cause les structures de pouvoir nationales ou internationales, mais cela ne va pas de soi et n’est pas sans répercussions sur le travail et les orientations des organisations et des personnes actives au sein de ces mouvements, dont le mouvement des femmes.

Ce chapitre vise à mettre en relief certains enjeux et défis que pose l’adoption de projets à visée économique par des groupes et des organisations travaillant étroitement avec des femmes, tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Pour une part, dans le contexte évoqué plus haut, les organisations communautaires de base1 (OCB), tout comme les ONG qui ont connu une croissance exponentielle en Amérique latine au cours des années 1990, font face à des pressions croissantes de la part des gouvernements nationaux et des bailleurs de fonds internationaux, ce qui risque de les détourner de leurs objectifs. Par ailleurs, la demande créée à l’endroit des populations locales, des ménages et, dans une large mesure, des femmes, pour qu’elles prennent en charge le développement, vient s’ajouter aux nombreuses activités de production et de reproduction auxquelles elles continuent à s’adonner et qui demeurent non reconnues (Amat y León, 2003).