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Du tiers-secteur à l’économie sociale et solidaire

dans " Économie sociale et solidaire et État | Jean-Claude Barbier », IGPDE, 2017

Jean-Louis Laville, octobre 2017

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Résumé :

Le courant dominant d’analyse des associations au niveau international relève de l’économie néoclassique et les appréhende par le biais des échecs du marché dans la fourniture de services individuels et par le biais des échecs de l’État dans la fourniture de services collectifs. Il délimite ainsi un tiers-secteur qui est défini à partir des insuffisances du marché et de l’État. Les deux premières parties de ce chapitre sont consacrées à la synthèse de ces approches. En effet, l’économie néoclassique postule la centralité du marché et considère que l’activité économique repose sur une entreprise fondée sur la perspective de profit pour ses actionnaires. À première vue, il semble étonnant que dans un tel cadre d’analyse il y ait une place pour les associations. Il importe donc de reconstituer le raisonnement qui permet d’arriver à la reconnaissance d’un tiers-secteur par une littérature qui s’inscrit dans le cadre de l’économie orthodoxe.

Cependant, ce cadrage théorique a fait l’objet de critiques qui sont explicitées dans la troisième partie, amenant à s’écarter d’une vision sectorielle stricte pour mettre plus en avant le caractère structurant du principe de solidarité pour comprendre les mêmes réalités. Les apports de l’économie hétérodoxe comme ceux de la sociologie convergent ainsi pour proposer une conceptualisation plus ouverte sur l’interdépendance entre action publique et action associative qui est désormais présente en Europe et dans d’autres parties du monde, désignée comme économie sociale et solidaire1.

La spécificité de celle-ci est située dans la quatrième et dernière partie.