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Proudhon et la Banque du Peuple

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Olivier Chaibi, Editions Connaissances et savoirs, France, 2010

La révolution de Février 1848 a propulsé Pierre-Joseph Proudhon sur le devant de la scène publique. L’auteur de la célèbre formule « la propriété, c’est le vol » devint sous la seconde République rédacteur en chef de quotidiens, représentant du peuple à l’Assemblée nationale et… banquier!

Quel but poursuivait alors celui qui se revendiqua « anarchiste » et souhaitait l’« abolition de la royauté de l’or »?

Selon Proudhon, la solution du problème social passait par une réforme radicale du crédit et de la circulation monétaire. Pour abolir le capitalisme, les travailleurs devaient se prêter mutuellement les capitaux dont ils avaient besoin et le peuple devenir son propre banquier. Selon son théoricien, la Banque du Peuple était « la formule financière, la traduction en langage économique, du principe de la démocratie moderne, la souveraineté du Peuple, et de la devise républicaine, Liberté, Egalité, Fraternité ».

Si la Banque du Peuple n’a jamais pu commencer ses opérations, elle était loin d’être une chimère. Malgré l’enthousiasme parfois démesuré qu’elle suscitât chez quelques uns de ses adeptes, son projet répondait bien aux besoins concrets de ses contemporains. Par ailleurs, le projet initié par Proudhon le dépassa largement. À une période où le socialisme émergeait difficilement et dut faire face à l’hostilité du gouvernement, la Banque du Peuple fonctionna pendant l’hiver 1848-1849 comme un centre de réflexion des différentes forces sociales. Elle fut l’œuvre des associations de travailleurs et de nombreux réformateurs sociaux qui ébauchèrent autour d’elle un vaste projet mutualiste et coopératif.

Pour toutes ces raisons, la Banque du Peuple s’impose comme un moment fort, et pourtant méconnu, de notre histoire sociale.

Lire aussi la Note de Lecture de Recma et l’article de Libération : Olivier Chaibi : « La Banque du peuple de Proudhon était un projet anticapitaliste »