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Finance populaire et développement durable en Afrique au sud du Sahara. Application à la région Nord-Est de la République démocratique du Congo.

Thèse de l’Université catholique de Louvain (UCL)

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Christian Kakule Kaparay, Presses Universitaires de Louvain, Belgique, 2006

Cette étude est centrée sur la dynamique d’initiatives individuelles et associatives de financement et de construction du développement en territoires de Beni et de Lubero (RDC). à travers une approche par les acteurs et par leurs pratiques, l’étude veut savoir si la dynamique cible doit s’agrandir pour être efficace par rapport au développement durable. Et, au cas où l’efficacité ne viendrait pas de la taille, comment ces organisations peuvent-elles être fortes par rapport au développement sans s’agrandir ? L’étude révèle, selon les acteurs, le contenu du développement durable compris comme le maintien et le renforcement des structures grâce auxquelles ils ont des réponses individuelles et collectives à leur problème. Ce que les gens veulent durables, ce sont leurs initiatives, leurs manières de faire et les réponses aux besoins grâce à ces initiatives. L’analyse des pratiques montre un processus de développement inscrit dans la philosophie de la tontine s’appuyant sur les points forts de l’individualisme et du collectivisme. à travers un rapprochement des ressources, des acteurs et des systèmes de mobilisation, les dynamiques d’initiatives répondent aux besoins individuels et collectifs sans qu’elles s’agrandissent. Ces réponses relativisent l’argument de l’absence ou de l’insuffisance de l’épargne comme obstacle au processus de développement. Une capacité d’organisation, une disponibilité mentale à l’auto-prise en charge soutiennent ce processus de développement donnant place à l’individu et au groupe. L’étude révèle un potentiel énorme de développement à travers le renforcement des capacités d’organisation des gens et la complémentarité entre les acteurs populaires et l’État. Cette articulation des pratiques de l’acteur État et des acteurs populaires est une condition de la durabilité du développement et une possibilité en ce que, tout en donnant des réponses aux besoins, les acteurs populaires ne présentent pas leurs voies de solution comme alternatives, mais comme complémentaires à celles de l’État. Une éducation des acteurs aux manières dont ils ont vécu, ils vivent et ils vivront, d’une part, une orientation des ressources et de la philosophie de la tontine dans des projets intégrateurs, d’autre part, se présentent aussi comme des voies de durabilité sans agrandissement.