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Comprendre l’importance de la nourriture grâce à l’agriculture urbaine

novembre 2015

La vidéo : 3min06

Vancouver veut réduire son empreinte écologique en devenant un leader mondial du « manger local », notamment en augmentant de 50 % sa production urbaine de nourriture. C’est sur cette tendance que surfe Sole Food Street Farms, un organisme à but non lucratif qui fait la part belle à l’agriculture urbaine en cultivant dans des espaces insolites.

Des potagers dans des plates-bandes, sur des balcons, des toits et même, depuis 2009, sur des terrains vacants ou dans des bacs mobiles : Sole Food Street Farms envahit les rues de Vancouver.

« Nos installations sont une forme d’extension de la saison, comme des mini-serres […] Nos fermes sont conçues pour être mobiles et elles s’accommodent à un bail de courte durée », explique la directrice Lissa Goldstein.

 

Prix du mètre carré

Trouver des espaces pour l’agriculture urbaine est tout un défi dans une ville comme Vancouver, où les promoteurs immobiliers sont rois. En effet, dans la capitale du mètre carré le plus cher au pays, un immeuble de condominiums rapporte beaucoup plus que des plants de tomates.

La Ville accueille maintenant les poulaillers, fait de la place aux ruches et incite les citoyens à choisir une verdure mangeable pour enjoliver leur rocaille, mais réussir à imposer de larges espaces d’agriculture urbaine reste rare.

 

La demande surpasse l’offre

Sole Food Street Farms a triplé sa production de légumes en cinq ans en dénichant des espaces à faible loyer pour y installer ses bacs. L’organisme détient désormais près de deux hectares de potagers à Vancouver.

La production est entièrement écoulée dans une cinquantaine de restaurants et quatre marchés fermiers de la métropole. « La demande dépasse l’offre, assure la directrice Lissa Goldstein. On a besoin d’espace pour en faire plus. »

Un moteur économique et social

Selon Sole Food Street Farms, Vancouver a encore beaucoup à faire pour concrétiser sa vision de nourrir les Vancouvérois des fruits de sa terre. Des règlements municipaux doivent être revus pour faciliter et inciter l’agriculture urbaine, notamment le code des permis pour les serres ou encore le prix de l’eau d’arrosage. Autant de mesures qui peuvent permettre aux fermiers de se développer en milieu urbain, d’augmenter la production locale, mais aussi de réduire les importations et donc l’empreinte écologique.

« C’est important d’avoir la production sous les yeux pour comprendre et se rappeler son importance », commente Michael Ableman, le fondateur de Sole Food.

Il s’agit d’amener le monde agricole à la ville. Selon lui, cette ressource peut devenir un moteur économique et social. C’est pourquoi Sole Food Street Farms met un point d’honneur à employer des résidents du quartier défavorisé Downtown Eastside et à fournir la municipalité en aliments frais.

D’après un reportage de Geneviève Milord.

Diffusion au Téléjournal Colombie-Britannique, lundi 30 novembre, 18 h, dans le cadre de notre semaine thématique de l’Ouest sur l’environnement.