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Echange écologique et inégalités économiques

Ouvrage recensé : Alf Hornborg, Global Ecology and Unequal Exchange, Routledge, 2011

Philippe Roman, Fevereiro 2013

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Resumo :

Les pays développés ont encore du mal à se représenter le coût écologique de leur essor historique et de leur style de vie actuel. D’où l’importance de la notion d’« échange écologique » qui est au cœur du livre d’Alf Hornborg, où il s’agit d’analyser les interdépendances écologiques qui se cachent derrière les rapports économiques.

Professeur à l’Université de Lund (Suède) où il dirige le département d’écologie humaine, l’anthropologue Alf Hornborg est un des principaux tenants de la théorie de l’échange écologiquement inégal. Dans son dernier ouvrage, Global Ecology and Unequal Exchange, il propose une réévaluation critique du rôle de la technologie dans la dynamique économique mondiale. L’ambition n’est pas mince : montrer que le progrès technique, ce graal des économistes, est un jeu à somme nulle (au moins dans la forme qu’il a prise depuis la première Révolution industrielle) en raison des échanges de ressources inégaux qu’il implique tout en les dissimulant. Ce raisonnement le conduit à la conclusion que la seule stratégie viable pour éviter l’effondrement social et écologique est de développer un autre système monétaire, fondé sur une pluralité des monnaies dont chacune poursuivraient des objectifs circonscrits et alignés sur les besoins locaux.

Faire du progrès technologique non pas la solution mais le problème paraît pour le moins iconoclaste dans un paysage intellectuel dominé par la thématique du progrès technique endogène et où fleurissent les discours sur la croissance verte et le rôle central de l’innovation technologique dans la recherche de trajectoires de développement soutenables. La thèse d’Hornsborg est radicale et provocatrice ; on aurait souhaité davantage de travaux empiriques pour l’étayer plus solidement, mais on achève la lecture de l’ouvrage avec la ferme intuition que l’anthropologie et l’écologie politique, adossées à l’histoire environnementale, ont beaucoup à apporter à notre compréhension de l’économie. Et que l’économie écologique, qui se revendique science de la soutenabilité, aurait tout intérêt à s’engager sérieusement sur cette voie.

Fontes :

Site web du Veblen Institute www.veblen-institute.org