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Pour une transition énergétique citoyenne

Les publications du Labo de l’ESS

septembre 2018

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Résumé :

La transition énergétique vers un modèle plus sobre, plus efficace et basé sur des ressources renouvelables nous offre l’opportunité d’un changement de paradigme : faire de l’énergie un bien commun, accessible à tous, dont les sources constituent un patrimoine commun et dont la gouvernance soit partagée. Cette publication est issue du travail du groupe d’experts « Transition énergétique citoyenne ».

Le réchauffement climatique est un fait scientifiquement établi. Il trouve son origine dans les activités humaines, en particulier dans les émissions de gaz à effet de serre (GES), comme l’ont montré avec de plus en plus d’acuité les rapports du GIEC.

Voilà plus de 30 ans que l’on parle de la transition énergétique, volet essentiel de la transition écologique. Elle s’est maintenant imposée comme un impératif absolu face aux enjeux que constituent le réchauffement climatique et ses conséquences dramatiques, mais aussi la détérioration continue de l’environnement, la fin annoncée des énergies fossiles, le besoin d’indépendance énergétique, les risques industriels des énergies fossiles et nucléaires, les tensions géopolitiques liées à l’approvisionnement, la justice climatique, etc.

Pour répondre à ces enjeux, la transition énergétique (TE) consiste à passer du modèle énergétique actuel à un nouveau modèle s’appuyant sur trois piliers :

  • * une réduction drastique de la consommation d’énergie par la sobriété (économie d’énergie et lutte contre le gaspillage…),

  • * une amélioration de l’efficacité énergétique,

  • * un mix énergétique basé sur des sources renouvelables et durables.

C’est une transformation majeure de nos sociétés, qui offre l’opportunité d’un changement de paradigme : faire de l’énergie un bien commun et non plus seulement un objet de marché. Un bien qui soit accessible à tous, dont les sources constituent un patrimoine commun et dont la gouvernance soit partagée par l’ensemble de la société civile et non dominée par une seule catégorie d’acteurs, publics ou privés.

La TE n’est pas seulement une réponse aux impasses écologique et économique du modèle actuel : touchant à l’énergie, le carburant de nos sociétés contemporaines, elle va impacter en profondeur l’ensemble de nos modèles socio-économiques. Se pose alors une question de choix de société. Dans quelle direction souhaitons-nous aller : une adaptation du modèle actuel (avec une décentralisation et une simple redistribution des cartes) sans remise en cause de la gouvernance et de la hiérarchie des acteurs ; ou une transition vers un modèle remettant l’homme et le citoyen au centre du système, vers une démocratie économique, avec la finance comme moyen et non plus comme finalité et pouvoir ultimes ?

L’économie sociale et solidaire (ESS) est concernée au premier chef par ce débat, notamment parce qu’elle partage avec la sphère publique une finalité d’intérêt général. Par ses pratiques et ses valeurs (solidarité, utilité sociale, gouvernance démocratique, etc.), son ancrage dans les territoires, le projet qu’elle porte d’un modèle de développement qui donne la primauté à l’humain et non à l’accumulation de capital, elle est en capacité de donner une autre dimension à la transition énergétique : celle de la participation citoyenne. Avec des citoyens qui se réapproprient la gestion de l’énergie, de sa production à sa consommation en passant par sa maîtrise, dans un esprit d’intérêt général. Réciproquement, cette transition qui s’engage représente pour l’ESS une opportunité majeure de peser sur l’évolution de nos modèles socio-économiques, de redonner du poids à la société civile et aux territoires dans la marche de l’économie, pour une croissance qui soit davantage celle de l’emploi et du bien-être partagé que celle du PIB.

Utopie ? Peut-être, mais utopie réaliste qui plonge ses racines et commence à prendre forme dans les initiatives de plus en plus nombreuses qui innovent et inventent cette transition énergétique citoyenne . Encore modestement en France, mais de façon beaucoup plus massive dans plusieurs pays d’Europe du Nord ou anglo-saxons. La double question posée aujourd’hui est celle de la reconnaissance de ce modèle et surtout de son changement d’échelle. L’ambition de cette note est de montrer qu’ils sont non seulement possibles et souhaitables, mais aussi nécessaires.

Sources :

Voir aussi :